Et si la performance était un piège ?
J’accompagne de nombreux dirigeants.
Ils/Elles sont brillants.
Engagés.
Travailleurs.
Exigeants.
Ils tirent leurs équipes vers le haut.
Mais, au fil des coachings, j’observe un phénomène récurrent.
Ils évaluent le monde essentiellement à travers un seul filtre : la performance.
Une personne devient intéressante parce qu’elle est compétente.
Une relation est satisfaisante parce qu’elle est efficace.
Une journée est réussie parce qu’elle est productive.
Progressivement, la performance cesse d’être un moyen. Elle devient une façon de regarder le monde.
Le paradoxe est que ces dirigeants savent parfaitement donner.
Ils accompagnent.
Ils conseillent.
Ils résolvent les problèmes.
Ils portent les autres.
En revanche, ils ont souvent beaucoup plus de difficulté à recevoir.
Recevoir un compliment.
Recevoir de l’aide.
Recevoir de l’affection.
Recevoir simplement le regard positif des autres.
Comme si leur valeur devait toujours être démontrée.
Le plus difficile, c’est qu’ils ont souvent l’impression que tout va bien.
Ils réussissent.
Ils avancent.
Ils atteignent leurs objectifs.
Pourquoi changeraient-ils ?
Leur manière de fonctionner les a conduits là où ils sont aujourd’hui. Elle est devenue une évidence.
Et lorsque l’on n’a jamais expérimenté une autre façon de vivre, on ne peut pas imaginer qu’elle puisse être plus riche.
Dans l’Élément Humain®, nous dirions que le contrôle finit parfois par occuper presque tout l’espace.
Pourtant, un leadership durable repose sur l’équilibre de trois dimensions :
- L’inclusion : reconnaître la valeur des autres… et accepter la sienne indépendamment de la performance.
- Le contrôle : décider, influencer, agir.
- L’ouverture : oser être vrai, accueillir ce qui vient des autres et accepter la réciprocité.
Lorsque le contrôle devient la seule grille de lecture, il se passe quelque chose de subtil : on continue à performer, mais on goûte de moins en moins à la vie.
La question n’est plus seulement :
« Qu’ai-je accompli aujourd’hui ? »
Mais aussi :
« Qu’ai-je réellement vécu aujourd’hui ? »
Quelques pistes simples pour commencer à déplacer le regard :
- marcher dans la nature sans objectif de distance, de vitesse ou de performance, simplement pour observer, écouter et respirer ;
- prendre le temps de contempler un paysage sans chercher à le photographier ;
- partager un repas sans téléphone, uniquement pour le plaisir d’être ensemble ;
- demander sincèrement à quelqu’un : « Comment vas-tu ? »… puis écouter sans préparer sa réponse ;
- chaque soir, noter non pas ce que l’on a produit, mais ce qui nous a émerveillé, apaisé ou profondément réjoui.
Ces gestes paraissent anodins.
Ils ne le sont pas.
Ils nous réapprennent progressivement que la valeur d’une journée ne se mesure pas uniquement à ce que nous avons réalisé, mais aussi à la qualité de ce que nous avons vécu.
Et si incarner le leadership ne consistait pas à faire davantage…
…mais à vivre davantage ?
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